lundi 14 janvier 2019

Ralf König


Ralf König  est né le 8 août 1960 à Soest en Allemagne. Il crée des bandes dessinées dont les récits humoristiques ont pour protagonistes en majorité des personnages homosexuels. Surnommé le « Bretécher gay », il est entre autres le créateur de Conrad et Paul, un couple « libre » de gays vivant à Cologne, héros de plusieurs albums à l'humour décapant. 

Ralf König commence à publier ses dessins en 1979 dans le magazine underground Zomix. En 1981, sort le premier volume de Schwulcomics (publié en français sous le titre Gai Comix). De 1981 à 1986, il étudie à la KunstAkademie de Düsseldorf. En 1987, il publie Der bewegte Mann (Les Nouveaux Mecs), qui le rendra définitivement célèbre. Adapté pour le grand écran en 1994, Der bewegte Mann (Les Nouveaux Mecs) est l'un des plus grands succès publics du cinéma allemand. Seront aussi adaptés : Kondom des Grauens (La Capote qui tue) en 1996 sous le titre Killer Kondom, Wie die Karnickel (Comme des lapins) et Lysistrata en 2002. L'album Comme des lapins obtient en 2005 le Prix du scénario du Festival de bandes dessinées d'Angoulême. 


L'œuvre de Ralf König est à la fois légère et sans tabous. Elle repose sur un comique de situation - souvent dans le registre du vaudeville. Derrière le paravent de l'humour, König évoque des thèmes essentiels tels que l'acceptation de la différence, les rapports hommes/femmes et homosexuels/hétérosexuels, les problèmes de couple, le sida...

Dans ses albums, Ralf König ne fait pas mystère de ses goûts pour les hommes velus, musclés méditerranéens actifs, opposés aux Allemands ou aux Français, considérés respectivement comme peu attirants et trop sophistiqués. Il a lui-même déclaré que son œuvre était composée d'un tiers d'éléments autobiographiques, d'un tiers d'éléments empruntés à des gens de sa connaissance, et d'un tiers d'invention pure.
Étalée sur près de trente ans, l'œuvre de König semble ainsi suivre l'évolution de la société, l'auteur ayant lui-même déclaré qu'il pensait être plus populaire, en Allemagne, chez la génération des trente-cinquante ans, quelle que soit leur sexualité, que chez les seuls homosexuels. Mais si le champ de ses scénarios s'élargit, Ralf König reste fidèle au thème principal de son œuvre : l'intolérance en général et l'intolérance (de la société en majeure partie hétéro) envers l'homosexualité en particulier. Étant jeune, il développait ses histoires courtes dans l'esprit de la fin des années 1970, comportant surtout des provocations et revendications vindicatives destinées à un public uniquement homo, aidant à la constitution d'une identité positive publique qui manquait alors.


Les années 1990 n'étant plus portées par le militantisme, ses lecteurs n'étant plus exclusivement homos, le regard de Ralf König sur son microcosme homosexuel se fait plus distant. La communauté homosexuelle s'affirmant dans les médias, la politique, il lui est possible de publier des histoires plus critiques. Il se moque ainsi gentiment dans ses pages de la jeune génération, décrite comme futile, efféminée et inculte, accumulant les perles, ignorant que l'Allemagne a été divisée en deux états, pensant que leurs aînés commencent à souffrir d'Alzheimer à partir de trente-cinq ans, ne s'intéressant qu'aux sous-vêtements « Dolce & Gaballa » [sic], etc. De même, depuis Comme des lapins, les albums décrivent de plus en plus des personnages homos et hétéros se fréquentant désormais et ayant des relations amicales – alors que les personnages des albums plus anciens évoluaient souvent strictement dans le milieu homo de Cologne et ne fréquentaient guère d'hétérosexuels, à l'exception de leurs familles. Dans Djinn Djinn par exemple, le héros cohabite avec une colocataire hétéro, dont la place dans le scénario est au moins aussi importante que la sienne. Dans Et maintenant, allongez-vous, c'est même un (quasi) couple hétéro, qui est au centre de l'histoire. 


Même si Ralf König avait déjà abordé la religion lors de diverses histoires (notamment dans Super Paradise), Djinn Djinn est le premier album où il attaque de front l'ostracisme et le fanatisme religieux5. Face à la résurgence des fondamentalismes religieux, qui tous ont en commun leur déni de l'homosexualité, il ne peut faire autrement que de thématiser ouvertement cette nouvelle forme d'intolérance. Ce sont pour lui les grandes lignes de la première décennie de ce siècle naissant. 


Pour mieux se faire comprendre, et comme il se définit lui-même comme étant timide (ce qui est vrai) et n'aimant pas les interviews (ce qui est aussi vrai), Ralf König a conçu l'album Et en plus il est gaucher (Und das mit links). Au départ destiné à un petit éditeur du monde homo en 1993, Janssen Verlag, Ralf König adapte cette histoire pour l'éditeur Carlsen et son grand public. Il y met en scène un journaliste avec lequel il va s'entretenir. Répondant à ses questions, typiques de celles que tout un chacun a pu se poser à son égard, il dévoile beaucoup de lui-même dans cette histoire. 



Pour la France, et en collaboration avec Bruno Léandri, rédacteur en chef des Fluide glacial hors-série, Ralf König pré-publie en exclusivité des histoires courtes suivant le thème momentané du journal, donc hors de ses sentiers battus. Ces histoires se retrouveront plus tard dans les différents albums édités en Allemagne par Männerschwarm Verlag, puis en France par Glénat. 



source texte : Wikipédia

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